"Le sujet ce n'est pas Glucksmann. C'est : 'Est-ce que quelqu'un est en mesure de se placer au second tour ?'", souligne l'entourage de l'ancien président.
François Hollande à Saint-Malo, le 28 octobre 2026. ( AFP / SEBASTIEN SALOM-GOMIS )
L'horizon politique "n'est pas encore dégagé". Alors François Hollande va encore attendre un peu avant d'annoncer s'il est candidat ou non à l'élection présidentielle en 2027. Et la victoire de Raphaël Glucksmann à la primaire de la gauche sociale-démocrate n'y change rien : l'ancien président poursuit sa campagne, et tranchera après les fêtes de fin d'année.
Alors que le leader de Place publique a connu une petite dynamique depuis qu'il a remporté la primaire au premier tour, François Hollande se prépare plus activement que jamais à jouer un rôle dans les prochains mois.
Mais lui qui promettait une déclaration en décembre prévoit désormais d'attendre janvier, car le paysage "n'est pas encore dégagé" et le mouvement social toujours très présent, explique à l' AFP son entourage. L'occasion aussi de prendre le temps de scruter l'évolution sondagière de Raphaël Glucksmann, dont la dynamique à ce stade ne se confirme pas dans les intentions de vote. François Hollande est pour l'instant autour de 7 à 8 %.
En attendant, l'ancien président multiplie les déplacements : Marseille, la Corrèze, la Bretagne, la Vienne, Le Mans, un petit-déjeuner avec une douzaine de patrons du CAC40 : "L'agenda est plein. Il tourne non stop, il est invité partout", savoure Wilfrid Pailhès, membre de son équipe de campagne.
De quoi pousser certains socialistes à regretter le démarrage de Raphaël Glucksmann, peu présent sur le terrain. "J'ai envie de lui dire : 'Regarde comment fait Hollande' . Il fait du réseau, il rencontre des chef d'entreprise et des élus, il fait le taff", se désole l'un d'eux.
Selon Wilfrid Pailhès, il n'y a "pas une seule invitation où les gens voient François Hollande comme un homme du passé. Tout le monde lui parle de la présidentielle" et réclame de "la stabilité" et "un profil rassurant" .
"Capacité de rassemblement"
Le député de Corrèze espère incarner celui qui peut battre Marine Le Pen au deuxième tour de la présidentielle, alors que le candidat Horizons Édouard Philippe, longtemps en deuxième place dans les sondages et vu comme potentiel vainqueur face à l'extrême droite, a dévissé au profit de l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon , de son côté toujours donné perdant au second tour.
En aparté fin août à Sens (Yonne) où ils avaient débattu ensemble, l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron avait d'ailleurs convenu que François Hollande avait "une capacité de rassemblement plus large" que lui pour gagner au second tour.
"Oui, lui a répondu l'ancien président, mais il faut d'abord passer le cap du premier tour". Et pour cela incarner "le profil du rassemblement" aux yeux de l'opinion, dans un contexte où une majorité de Français sont déboussolés par la situation nationale et internationale.
S'il compte sur sa stature présidentielle et son expérience, François Hollande n'entend pas se présenter contre Raphaël Glucksmann. "Le sujet ce n'est pas Glucksmann. C'est : 'Est-ce que quelqu'un est en mesure de se placer au second tour ?' ", insiste l'entourage de François Hollande. "Il ne va pas s'autodéclarer candidat", précise Wilfrid Pailhès, mais compte sur des sondages de deuxième tour favorables et des appels de personnalités. "Il a des atouts pour rassembler plus large que le PS", estime-t-il.
"La principale menace" pour Glucksmann
L'ancien président ne se voit pas comme "un candidat de substitution à Glucksmann", relève un élu local socialiste, "sinon, il n'aurait pas lancé son idée de la TVA sociale" qui n'est "pas une mesure de gauche, mais une mesure centriste".
François Hollande se distingue aussi sur le budget en annonçant d'emblée qu'il ne le censurera pas, contrairement au reste du PS. "Il a théorisé que son espace, c'est celui où on ne veut pas de désordre. La social-démocratie et les macronistes", note une députée PS. Pas de quoi inquiéter ce proche de Raphaël Glucksmann : "On a fait le trou avec Hollande parce qu'il s'est vu en nouveau leader du bloc central. Ses soutiens sont en train de dire que c'est trop tard pour lui".
Un député de Place publique juge au contraire que François Hollande est "la principale menace" .
"Non, il n'y a pas d'envie de François Hollande dans le pays", considère un fauriste qui pense que l'ancien président n'a "pas de socle de premier tour".
De son côté, un proche de Gabriel Attal concède que même si Raphaël Glucksmann s'effondre, il a "du mal à voir l'espace pour Hollande, même s'il le trouve "redoutable, très fort".
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